samedi 2 mars 2013

La vita e bella a Trapani


Trapani by day
Appartamento Via S. Pietro
Devant chez-moi
Via San Pietro
Le voyage fut long et fatiguant. D'abord, j'ai manqué ma correspondance à Paris parce que notre avion est arrivé 30 minutes en retard ... bof ... pas trop grave. Je n'ai attendu qu'une heure et demi à Charles De Gaule avant de reprendre ma correspondance vers Rome en première classe ... rien de  moins! :-)) Ensuite, je prenais un autre avion vers Palerme où m'attendait Nicola, le propriétaire de mon appartement à Trapani. Petite crainte à l'aéroport de Palerme alors que j'ai cru que ma valise n'avait pas suivi depuis Paris, mais on l'a vite retrouvé et du coup on m'a rassurée. Fatiguée comme j'étais, ça ne m'en prenait pas beaucoup pour m'inquiéter. Nous avons ensuite roulé pendant un peu moins d'une heure vers Trapani. Rendus à l'appartement, après m'avoir expliqué quelques petits détails, Nicola a été cherché une pizza molto grande et m'a laissé seule en me proposant de venir me chercher le lendemain pour un court tour de ville et pour faire quelques courses. Il s'est donné bien du mal depuis mon arrivée ce cher Nicola. Il avait rempli mon garde-manger de choses essentielles (comme entre autres des pâtes sèches et deux bouteilles de vin), m'avait acheté des fruits pour remplir l'énorme panier d'osier sur la desserte. Super accueil en tout cas.  Nous avons un peu de difficulté à nous comprendre mais heureusement, il utilise le logiciel Google Voice Traduction avec son téléphone intelligent, ce qui nous permet une traduction presque parfaite lorsqu'il n'y a pas trop de bruit autours. Fait amusant: mon appartement situé en plein coeur de Trapani, à deux pas du port, est localisé sur la via San Pietro. :-) C'est exactement ce que je recherchais et très fidèle aux photos que j'ai vues dans l'annonce sur le site internet. Seul bémol, l'appartement n'est pas très chauffé. Il y a une unité de climatisation dans la chambre à coucher qui sert de chauffage à la fois, mais c'est tout ce dont je dispose pour chauffer l'appartement en entier. La température est un peu fraiche depuis mon arrivée (entre 13 et 15 degrés). Le ciel ayant versé quelques petits orages entremêlés d'éclaircis et de soleil. Selon Nicola, la température devrait se réchauffer d'ici quelques jours.Je m'inquiète peu à ce sujet. J'ai vécu aujourd'hui une journée de rêve culinaire exceptionnelle. visite et achat dans une charcuterie (proscuito, mozzarella, parmagiana hummm, olives), lunch avec Nicola dans un petit resto de pasta où l'on a dégusté des pasta de fruita del mare à se rouler par terre, et que dire du petit esspresso corte que je peux désormais me confectionner à ma guise à l'appartement. En fin d'après-midi, après que Nicola m'ait déposé à l'appartement, j'ai fait un tour rapido dans le quartier et me suis procurer une bouteille de grappa pour les appéro, ainsi que du pain pour le petit déjeuner demain. Au programme demain: découvrir le vieux Trapani et le port. Ce sera ma mission du jour, tout en apprenant l'italien. Arrivererci!

 
Entrée dans la cuisine

Comptoir évier, cuisinière et même télé


Salle-de-bain fraîchement rénovée
"Téton le Mouton" à l'heure de l'apéro

Téton le Mouton tombé dans les tomates italiennes


Téton le Mouton capote sur la pizza italienne



Le vrai sens du mot "pizza"


samedi 8 septembre 2012

MMZG: Carphanaüm-moi encore ...

Hier soir, lancement du deuxième album de Mad'MoiZèle Giraf, absolument délicieux, à L'Abreuvoir. Les MMZG sont au sommet de leur art. J'écoute depuis ce matin ce dernier opus et j'en suis ravie. Une évolution musicale sans contredit. Un album raggamuffin / funk / afrobeat (principaux genres du groupe) nous faisant voyager par des sonorités moyen-orientales (Carphanaum), latines avec la participation de Heavy Soundz (Défoule-toi) et avec celle de MR.OK (Choubouloute), même traditionnelles québécoises (Le diable au corps, La fille de notre voisin) - méchant beau clin d'oeil québécois en passant. Tout plein de références musicales me viennent à l'esprit en écoutant cet album (Manu Chao et La Mano Negra, Les Respectables, Inword, Loco Locass (Carphanaum) et même Fred Fortin (Gig Brune)).  Hormis la force de cet album se trouvant dans sa diversité musicale (ce qui n'est pas du tout évident à atteindre dans ce style), la constance dans l'écriture est également à noter. De simples textes inspirés du quotidien des membres du groupe, mais très éloquents et identifiables.  La force du groupe quant à elle se trouve d'abord dans son talent musical, dans sa créativité et sa folie sur scène. Les gars ont du fun et ça paraît. Une folie contagieuse de par ses rythmes, de par son originalité.  Personne ne reste indifférent à ces chansons.  Tout le monde a envie de bouger et de chanter. J'ai eu un peu peur du résultat de ce nouvel album lorsque j'ai appris préalablement que le groupe avait modifié sa formation originale; trois des membres originaux ayant quitté le groupe. Mais je constate avec grand bonheur que l'intégration du nouveau membre DJ Francis Moreau (Morzion) ajoute une note d'éclat et de folie au groupe, permettant à la fois à ce dernier d'évoluer dans sa direction musicale. J'ai admiré MMZG dès le premier soir où je les ai entendus. Et je ne vous résumerai pas leur feuille de route, vous invitant plutôt à visiter leur site internet (http://www.madmoizelegiraf.com/). Aujourd'hui je réalise encore d'avantage le chemin qu'ils ont parcouru depuis la formation du groupe, de par leur évolution personnelle, de par leurs expériences musicales et individuelles. Longue vie à MMZG (Ian Lettre (Iano) voix et guitare, Philippe Messier (FunkyFlip) voix et guitare, Guillaume Turcotte (Kurde D’Aquitaine) claviers, flûte traversière et tant d'autres, ainsi que Francis Moreau (Morzion) voix et platines).  Je demeure une grand fan (Sophie la Giraf - oui oui ... je me permets un pseudo également) et je reste fidèle à leur oeuvre. Admirant la force, le courage et la passion de ces magnifiques artistes.

Mon appréciation:  4 étoiles

dimanche 8 juillet 2012

Yuksek ... DJ vous avez dit?


Il faisait chaud samedi soir à la Sala Rossa (dans un sens autant littéraire que réel). Une ambiance de fête flottait dans l'air avant le début du concert. Une frénésie, une anticipation. Comme s'il était pour arriver quelque chose d'énorme, un moment unique et inoubliable. La jeune top star des DJs français de musique électronique ne laisse personne indifférent. Sa venue à Montréal était fort attendue. C'est dans cette même salle en 2005 que Yuksek s'est fait connaître de son public québécois. Ce sont les mêmes promoteurs du spectacle de samedi soir (ceux du festival de la MEG) qui nous l'ont fait découvrir. Pour notre plus grand bonheur. Pierre Alexandre Busson (alias Yuksek) a livré un spectacle à la hauteur de plusieurs espérances. Entouré de deux musiciens (Léonie Pernet à la batterie et Clément Daquin aux claviers), il nous a déversé une à une ses chansons tirées de son deuxième et récent opus (Living on the edge of time). Tout autant que son répertoire du premier album d'ailleurs (Away from the sea). Bien plus qu'un simple DJ, Yuksek est sans contredit un créateur, un musicien accompli qui s'est fait plaisir sur ce dernier album en le composant et le réalisant lui-même en entier. Un style un peu plus pop que l'album précédent qui était beaucoup plus électro, Un album beaucoup plus personnel où les voix sont vraiment présentes. Un savant mélange de danse, de techno et de musique électronique, mais le tout livré en live. Un ras de marée sur scène quelque peu contagieux. Le trio est électrisant. La batteuse Léonie est éclatante d'énergie sur scène. Mais la force de ce groupe se retrouve dans la fusion entre la musique live et le style électro. De jouer ce genre musical sur scène, sans trop utiliser de produit préfabriqué, demande un talent et un esprit inventif exceptionnel. Un peu comme DJ Champion a brillamment fait avec ses guitaristes sur scène. Point faible de la soirée: l'éclairage! Je ne sais si Yuksek traine dans ses bagages en tournée son propre éclairagiste ou s'il utilise les locaux, mais il aurait peut-être intérêt à investir d'avantage dans un système d'éclairage un peu plus recherché dans le but de créer des ambiances à la hauteur de sa musique. Le résultat est quelque peu décevant.  Mais j'ai bon espoir que cet artiste est là pour rester et pour apporter une saveur différente à la musique électro d'aujourd'hui. Bravo à Yuksek ... il a certes réussit à créer chez-moi un intérêt pour le style électro.  Ce qui n'est pas une mince affaire je vous le dis.

Mon appréciation:  3 étoiles


dimanche 22 avril 2012

Intérêt ou état d'esprit?

Ne vous est-il pas déjà arrivé d'écouter une chanson et de la trouver complètement inintéressante alors que tout le monde autour de vous semble penser le contraire? De courir acheter un album tant attendu d'un artiste ou groupe que vous aimez et de vous rendre compte de la déception que vous éprouvez en l'écoutant.  De ré-écouter cet album plusieurs mois ou années plus tard et de constater qu'après tout, ce n'est pas si mauvais que ça.  Il vous est surement arrivé aussi de découvrir le travail d'un artiste qui normalement vous est complètement indifférent. On aime la musique pour ce qu'elle nous apporte au moment où on l'écoute. On est dans un certain état d'esprit et on écoute une chanson pour contre-balancer nos émotions. Il est clair qu'une partie du plaisir vient de l'affinité que l'on a pour un style musical par rapport à un autre. Mais la ligne est mince entre l'attirance qu'on éprouve pour un style et l'émotion qu'on ressent au moment de l'écoute. Je me souviens d'avoir emmener une amie voir le spectacle de Loco Locass qu'elle ne connaissait pas et qu'elle m'ait dit pendant la soirée que je lui faisait "presqu'aimer le rock". Il est clair que si elle n'avait pas été dans un certain état d'esprit ce soir-là, jamais elle n'aurait jamais apprécié sa soirée. Dans la vie, on a des principes et croyons ne devoir jamais y déroger. L'apprentissage de soi-même nous accompagne toute notre vie. Développer ses goûts, découvrir ses passions est un long processus.  Et je crois que notre ouverture d'esprit est une clé essentielle à notre apprentissage et la découverte de soi.  À condition bien entendu d'avoir un certain intérêt. Aussi, en ce sens on ne peut se permettre de juger l'intérêt ou les goûts de quelqu'un par rapport à un art quelconque. À chacun sa perception, à chacun ses goûts, à chacun son état d'esprit. Peu importe le produit, l'important c'est l'intérêt qu'on y porte et l'ouverture d'esprit dans lequel on se trouve. De juger que le dernier album d'un artiste est de la merde n'est qu'une perception. De choisir de regarder Star Académie ou non chaque semaine et une question d'intérêt. D'écouter du métal ou du hip hop est une question de goûts. À chacun son "trip", à chacun son ouverture d'esprit. Du moment qu'on prend son pied. Et tout va!


dimanche 8 avril 2012

On the road again ...

Certains comme moi n'aiment pas conduire en voiture sur de longues distances. Il faut alors tenter de combler l'ennui et écourter le temps. Quoi de mieux que la musique pour ce faire. Surtout quand on est seule dans la voiture sans pouvoir parler à qui que ce soit. Qui a dit que le chien était le meilleur ami de l'homme? Moi je dis que c'est le lecteur mp3. Alors on branche son meilleur ami dans la radio et on sélectionne le mode random, histoire de voir jusqu'où la route nous mènera et ce, le plus rapidement possible. Parce que ceux qui n'aiment pas conduire longtemps comme  moi, n'ont généralement pas de patience sur la longueur du trajet. La première chanson est souvent la plus déterminante.  Celle qui nous donne le coup de pied où il faut pour se dire "Ok ... ça y est, on part! Whooo hoooo ... on est content de partir! Vive la route!" Chacun a sa première chanson. Je scanne à tout hasard la mienne pour m'aider à sortir de la circulation de la ville et atteindre mon premier but:  l'autoroute 20!  Je m'arrête sur Get back des Beatles.  "Jojo was a man who thought he was a loner, But he knew it couldn't last, Jojo left his home in Tucson, Arizona, For some California grass ... ". On tape du pied à côté de la clutch et on sent déjà la motivation de la route nous gagner. On croise des cons, des branleux de la route, des chauffeurs de taxi désabusés, des conducteurs qui pensent qu'ils sont complètement seuls au monde. On les dépasse et on se fait croire que ce sera mieux sur l'autoroute.  Arrivée sur le pont Jacques Cartier, Blue Highway de Billy Idol suit de près. Vive le mode de lecture intelligente de mon ami. Il a vraiment de la suite dans les idées. On a presqu'envie de faire demi-tour et de repasser sur le pont. Mais le plan de match est bien précis et le temps serré:  pas question de s'arrêter tant et aussi longtemps qu'on aura pas envie de pisser. On peut facilement se rendre jusqu'à Québec sans devoir le faire. Lentement (faute d'une dense circulation) mais surement, on s'approche de l'autoroute 20. Puis, vient ensuite Passe-moé la puck des Colocs, histoire d'accélérer le rythme de la route. Alors on roule et on roule le long de la sinueuse et ennuyante autoroute 20, dépassant encore des cons, des branleux de la route qui roulent dans la voie de gauche, d'autres conducteurs qui pensent qu'ils sont seuls sur la terre, et puis holà! En plein dépassement d'un camion lourd, on se fait couper par l'abruti en question qui doit sérieusement penser que le clignotant est une fonction du véhicule directement rattaché au volant. Alors on freine en catastrophe devant l'inévitable et à l’unisson avec Thunderstruck d'ACDC, on gueule à tue tête envers le chauffard imbécile et inconscient du mal qu'il a fait, tout en appuyant à fond sur le klaxon jusqu'à ce que ce dernier se replace dans la voie de droite 1.5 km plus loin!  On est surement petit dans notre Golf par rapport au mastodonte, mais on a un klaxon et on sait s'en servir quand il le faut! On rage encore pendant 5 minutes, puis on attend que les battements du coeur redeviennent à la normale. Heureusement que Vive l'amour de Catherine Ringer vient nous calmer un peu et remplir de légèreté ce pauvre petit coeur ébranlé. On retrouve ainsi le sourire et la bonne humeur jusqu'à l'envie de pisser ne survienne (beaucoup trop tôt selon l'horaire qu'on s'était fixé tout de même!).  Bon ben, va falloir s'arrêter! Même si l'heure du lunch est loin d'être arrivée. On s'arrête dans une aire de repos parce que la prochaine sortie est seulement dans 3 km et il n'est pas dit qu'il n'arrivera pas un accident à l'intérieur du véhicule si on attend plus longtemps.  On haït ben ça les rest areas!  Y'a toujours un line-up interminable devant les toilettes des dames alors que celles des hommes sont toujours complètement vides. Puis dans le line-up, y'a toujours des petites madames qui chialent qu'il y a ben du trafic, pis que c'est toujours comme ça à chaque année à Pâques, pis qui se demandent s'il reste assez de sandwichs pour tout le monde dans l'char, qu'on pourrait peut-être s'arrêter  au p'tit restaurant, "tsé lààà ... celui à la sortie de Lévy où on va tout l'temps!". Rien pour calmer son impatience silencieuse. Puis une fois à l'intérieur des toilettes, ben ça pue maudit bordel! Pis c'est petit comme ça n'a pas de bon sens alors que les femmes persistent à s'entasser à l'intérieur pour ne pas perdre leur place! Comme si les cabines des toilettes allaient se volatiliser. Bon ... ça achève, plus qu'une devant moi et j'vais pouvoir repartir! Soulagée, je reprend le volant de ma Golf en compagnie de Noir Désir et Le vent nous portera.  Le bonheur revient tout doucement. Je n'ai pas peur de la route, Faudrait voir, faut qu'on y goute, Des méandres au creux des reins, Et tout ira bien ... Le vent l'emportera. La route est de moins en moins longue, le paysage de moins en moins morne. Tant que la musique nous accompagne, et tout ira bien.  Et la première chose qu'on sait, c'est qu'on est arrivé. Comme quoi la patience est une vertu et la musique change tout.

dimanche 1 avril 2012

Propofol: un trio électrifiant!

Ça faisait longtemps que je n'avais eu un tel coup de foudre musical. Une immense gifle musicale en plein coeur du Quai des Brumes, coin St-Denis / Mont-Royal, en ce jeudi soir dernier. Un trio infernal, d'une énergie peu commune, originairement formé par Jonathan Gagné (batterie) et Marie-Anne Arsenault (base et chant) qui ont brillamment complété le trio avec l'arrivée de la fabuleuse Anh Phung (claviers, flute et chant).  Une telle énergie sur scène m'a rappelé celle des Yeah Yeah Yeah avec la grande Karen O ou encore celle des Blond Redhead (également un trio newyorkais). La voix de Marie-Anne a une touche punk vraiment agréable, le jeux de Jonathan est absolument époustouflant et d'une précision désarçonnante. Quant au génie d'Anh Phung, il est un élément indispensable pour donner le ton juste électro-punk-pop de ce groupe. La beauté des filles s'éclatant sur scène ajoute un élément euphorique au spectacle.  Elles ne sont pas trop extraverties mais d'une sincérité et d'une  justesse absolue. Le trio s'éclate sur scène et nous le communique trop bien. Aurais-je oublié de mentionner qu'ils chantent en français?  Qui a dit qu'il fallait une guitare électrique pour apporter une touche rock'n'roll dans une chanson? Qui a dit que l'électro ne pouvait se marier si allègrement au style punk-pop? Selon Wikipedia, Propofol désigne un anesthésique général intraveineux de courte durée d'action. Non mais vraiment ... un pur délice ce groupe.  Longue vie à Propofol et que son effet se prolonge d'avantage. Qu'il se propage encore et encore!

 

 Appréciation:  4 étoiles

mercredi 14 mars 2012

French toast et peines perdues


À premier abord, peu de gens connaissent Vander. Mais il suffit de dire "ben oui tu le connais, c'est l'ancien bassiste des Colocs, tsé là le Belge?" Ahhhhh ben ouiii! Évidemment qu'on connait Vander. On ne sait pas trop ce qu'il a accompli au cours des années. Mais on est toujours content de le retrouver. Le spectre de Dédé Fortin et des Colocs a tellement été puissant au sein de la société québécoise, qu'on s'est trop peu attardé à ce que sont devenus les membres de ce groupe. Et c'est bien dommage parce que l'artiste a bien roulé sa bosse au fil du temps parmi divers collectifs et à travers ses projets personnels. Et n'en demeure pas moins qu'André Vander tout autant que tous les autres anciens membres des Colocs sont d'abord et avant tout de grands artistes à la base.  Et je suis ravie qu'on puisse le constater et le reconnaître.

Vander présentait le 14 mars dernier au Lion d'Or son nouvel opus intitulé French toast et peines perdues. Un album riche en sonorités jazz et blues, d'une qualité musicale impeccable et surtout doté d'une composition de textes remarquable. Vander est bien plus qu'un bon musicien et arrangeur, c'est aussi un très grand auteur. Un créateur d'ambiance et d'univers. Notre Tom Waits francophone bien de chez-nous, jusqu'au bout de la langue, jusqu'au bout des doigts. Un artiste doté d'une sensibilité exceptionnelle et qui nous la livre sans pudeur, en toute légèreté, mot après mot, note sur note.

Un album composé de 11 pièces dont une superbe reprise de Marie-Jeanne, cette chanson composée au départ par l'américain Bobby Gentry qui a ensuite été adaptée en français et interprétée par Joe Dassin dans les années 70'. Des chansons comme La maladresse, On s'engage, Petit village ou Reste avec moi nous transportent dans divers univers, nous font découvrir le personnage derrière l'artiste. Vander le raconteur, Vander le créateur d'ambiances, Vander l'authentique qui s'exprime sans tambour ni trompette dans une vérité sincère, avec de jolis mots. Je m'en voudrais énormément de ne pas mentionner les excellents musiciens qui ont apporté leur contribution sur cet album: Franklin "Funk Lion" Brisebois (guitare électrique), Guillaume Turcotte (claviers/piano), Dan "Fiyah" Beat (guitare acoustique), et Amélie Laflamme (choeurs, accordéon, piano). Vander a vraiment su s'entourer des bonnes personnes pour faire ressortir la puissance de son univers musical.

Avec cet album, j'ai découvert un superbe auteur, un grand artiste québécois. À vous de maintenant de le découvrir et répandre le bonheur autours de vous.


Appréciation:  4 1/2 étoiles

dimanche 26 février 2012

Le message de Tiken Jah

Assister à un spectacle de Tiken Jah Fakoly est un must. Entouré de ses solides fidèles musiciens et choristes, il se dégage une chaleur humaine et un respect indéniable tout autant autour de lui et qu'à travers la foule qui se trouve dans la salle. Son charisme, sa grandeur d'âme et sa présence sur scène y sont certainement pour beaucoup, mais je crois que c'est surtout le message qu'il livre à travers ses chansons reggae africain envoutantes qui nous conquis d'avantage.
Son message est simple, clair: la liberté d'un peuple commence d'abord et avant tout par la prise en charge individuelle de chaque personne formant une société.  Il prône ce discours dans chacune de ses chansons en parlant de son pays, l'Afrique, ce pays qu'il aime plus que tout.  Abordant des thèmes comme l'éducation et la famille, en dénonçant le contrôle, l'argent, la corruption, l'excision.  Il apporte l'espoir et la persévérance à son peuple et à tous ses fidèles fans  Dans une sincérité et une vérité absolue, généreusement et en toute humilité.
Je me suis demandé au cours de cette soirée quel est l'impact de Tiken Jah et de ses chansons au sein de son peuple, si beaucoup d'africains ou d'ivoiriens s'identifient à ses chansons, à sa fierté et passion africaine. À son envie d'une société libre et meilleure. Est-ce que cette fierté africaine influence ce peuple à se battre pour leur liberté? Et quelle réaction Tiken Jah provoque-t-il chez les québécois?  Du respect, de l'admiration face à son courage de dénoncer, de clamer haut et fort le droit à la liberté, à l'émancipation d'une société.
On trouve ça noble quand l'artiste vient de l'extérieur de notre pays. On est mal à l'aise quand ça se passe ici au sein de notre communauté. Les Loco Locass, les Cowboys Fringants, on les aime sur disque, à l'intérieur de nos 4 murs à écouter leurs paroles seul avec soi-même, à s'identifier à elles, à les connaître par coeur.  Mais on ne les adule qu'une fois par année, lorsque la fièvre patriotique nous prend le 24 juin.  Pourtant ces artistes revendiquent le même message (qu'il soit politisé ou non, qu'il soit indépendantiste ou fédéraliste): la liberté du peuple québécois à s'affirmer et à se prendre en mains devant les décisions de nos dirigeants. À prendre cette place qui nous appartient et tout faire pour la garder. Cette identité québécoise est bien ancrée en nous depuis toujours. Tout faire pour conserver ses acquis et affirmer haut et fort qui nous sommes et ce que nous n'acceptons pas dans notre société demeure une grande lacune chez les québécois. Je rêve d'un Tiken Jah bien québécois de souche qui marchera un jour sur notre scène culturelle et donnera envie à des millions de québécois non pas de se séparer du reste du Canada, mais de garder et préserver cette unique richesse culturelle et identitaire que nous partageons. Je rêve d'entendre Il faut se lever version québécoise, parce que Plus rien de m'étonne et tout ça parce qu'On a tout compris.



Appréciation:  4 étoiles

dimanche 12 février 2012

Mais qu'est-ce qu'ils nous font ces grands disparus?

R.I.P. Whitney Houston (1963-2012)
Vous souvenez-vous où vous étiez, quel âge vous aviez ou ce que vous faisiez lorsque vous avez appris la mort d'Elvis? À quoi associez-vous l'annonce du décès de Kurt Cobain? Qu'est-ce que la mort de Michael Jackson a provoqué en vous? Au lendemain de la mort de Whitney Houston, je me pose la question à savoir pourquoi ces décès marquent-ils autant nos vies. Ce n'est pas seulement la perte d'une idole ou d'un artiste que nous apprécions énormément qui provoque cette tristesse ou ce sentiment de perte en nous. Après tout, ces êtres-là ne font tout de même pas partie de nos familles, mais ils font certainement partie de notre vie en général. Parce qu'il nous ont procuré des émotions, des moments de bonheur, parce que nous les avons admirés pour leur talent, leurs exploits ou tout simplement pour la personne qu'ils étaient. Même si je n'ai jamais admiré la diva au cours de sa carrière, son décès me chagrine quand même un peu. Du fait que sa vie personnelle a été mise à nu tout au long de sa carrière, qu'elle a quand même atteint le sommet de son art au cours de sa courte vie (courte, oui parce que mourir à 48 ans, c'est foutrement jeune), qu'elle laisse un héritage artistique et personnel derrière elle. Et c'est cet héritage qui nous affecte. Nous connaissions tous ses problèmes de consommation, nous avons tous été témoins de la dégringolade de sa carrière. Son histoire nous touche. On se dit: "c'est bien triste de finir sa vie ainsi". Parce que la mort des autres nous ramène systématiquement à notre propre vie. Elle fait partie intégrante de celle-ci, inévitablement. Et on se refuse de cesser d'exister. Parce qu'il fait partie de l'être humain de goûter à la vie pleinement et ne pas désirer qu'un jour ça se termine. La perte de certains de ces artistes nous touche plus que d'autres. Je me rappelle du décès de Dédé Fortin par exemple. Je me rappelle d'avoir pleuré la perte d'un grand artiste certes, mais d'avantage d'un être humain extraordinaire d'abord et avant tout et d'une grande sensibilité qui rejoignait la mienne. J'ai également été grandement affectée par la mort de George Harrison, de Stevie Ray Vaughan et de John Lennon. Parce que ces personnes m'ont apporté l'espoir et le bonheur de vivre. Parce que la vie n'est pas toujours facile et qu'il faut apprendre chaque jour à en savourer chaque instant.  Et tout simplement parce que notre vie continue et qu'on ne sait jamais quand elle se terminera.

samedi 4 février 2012

Steve Hill ... entre le blues et le rock, mon coeur balance.

J'ai pris du temps pour écrire quelque chose sur Steve Hill. Peut-être par peur de manquer d'objectivité.  Mais bon ... ce blog a surtout pour but de partager mes coups de coeur et découvertes musicales. D'abord, je vous dirai d'emblée que je suis une très grande fan de ce guitariste et ce, depuis son tout premier album éponyme en 1997.  À cette époque, j'écoutais entre autres les Stevie Ray Vaughan, B.B. King, Jeff Healey et Gary Moore. Mais lorsque j'ai entendu l'album de Steve Hill la première fois, mon coeur de fan blues rock a fait plus d'un tour minute. Et bien que nous ayons ici au Québec un nombre impressionnant de bluesmen et musiciens très enviables à tout ce qui se trouve partout à travers le monde, j'ai été dès cet instant subjuguée par cet artiste que je considère comme étant le meilleur guitariste blues rock québécois. Steve a un impressionnant parcours artistique. Il a commencé sa carrière dès l'âge de 16 ans et sorti son premier album éponyme en 1997. 

Il a depuis collaboré avec un impressionnant nombre d'artistes (Ray Charles, B.B. King, Jimmie Vaughan, Buddy Guy, Johnny Lang, Zachary Richard, Nanette Workman, Michel Pagliaro, Eric Lapointe, ZZ Top, Jeff Beck, et tant d'autres).  Puis, parmi ces collaborations, participations et réalisations d'albums, en plus des tournées, se succèdent les albums (Call it what you will - 1999, Domino - 2002, Devil at my heels - 2007, formant le groupe The Majestiks, il sort The damage done - 2009, puis Whiplash love - 2011).  Mais en quoi consiste donc la créativité de Hill? Cette capacité de sortir des albums variés surfant sur les vagues du rock et du blues, explorer des styles et des sons en-dehors de son jeu habituel en ajoutant une touche d'électro par exemple (Domino), fonçant cul par-dessus tête vers le rock métal sans faire aucun compromis (Devil at my heels), peu importe ce que les critiques diront.  Dans le seul et unique but de retrouver le son et la touche musicale qu'il recherche. Steve est un perfectionniste dans son art. Et son talent de guitariste est indéniablement unique. Sans omettre bien entendu la puissance de sa voix qui depuis les 3 derniers albums s'est transformée de façon remarquable.  Un voix chaude et sauvage à la fois. Une confiance absolue.

Steve and The Majestiks
Les fans de Steve Hill le suivent peu importe. Les musiciens qui l'entourent et les artistes avec qui il collabore l'admirent autant pour la personne qu'il est que pour son talent. Son charisme est omniprésent et sincère. Aller voir un show de Steve Hill vous transporte dès le premier riff de guitare jusqu'à la troisième chanson en rappel.  On sort de la salle gonflés à bloc, prêts à recommencer toute la nuit.  Il sait transporter son public et communique avec lui son envie de triper.  Il a déjà dit pendant un spectacle que son plus grand plaisir est de voir les gens danser et chanter avec lui pendant un show.  L'échange avec son public est son carburant de la soirée.  Et l'énergie qui se dégage de ce carburant, on s'en nourrit allègrement.


Mon appréciation:  4 étoiles