vendredi 8 mars 2013

La grande ville de Catania

Auto-portrait ... faut bien j'me pose un peu!
Je suis partie de Trapani un peu plus tard que prévu: (vers 8h00) hier matin. Le voyage s'est toutefois bien déroulé puisque je débarquais du bus vers 13h00 à Catania. Je m'attendais à un plus long trajet. D'autant plus que j'suis enrhumée depuis 2 jours. Ça me prends un peu de mon énergie mais j'essaie de ménager mes efforts. En débarquant du bus, j'avais comme instructions de prendre un bus de la ville pour me rendre à mon bed & breakfast, le 5 Balconi. Après avoir attendu un bon 10 minutes sans l'ombre d'un bus 431N à l'horizon, je n'ai pas hésité à me payer un taxi. Les 7 euros dépensés en ont valu la peine. Dès ma descente du taxi, le co-propriétaire Rob m'a accueilli chaleureusement. Un grand anglais installé à Catania depuis 10 ans. Sa collègue Cristina (une sicilienne) est présentement partie en voyage en Asie. Ça fait tout drôle de parler anglais. En fait, ça fait tout drôle de parler à quelqu'un un point c'est tout. lol Rob m'a bien guidée à l'aide d'une carte de la ville des endroits à visiter ou à voir et il va s'organiser pour contacter les gens des visites guidées pour l'Etna pour samedi. Il parait qu'ils viennent nous récupérer ici au bed & breakfast et nous ramènent en fin de journée. Rob m'a mentionné que samedi ils annoncent très beau et que ce sera la journée parfaite pour la visite. J'ai bien hâte de voir tout ça.

Via Plebliscio, du haut de mon balcon.
Aujourd'hui, je me suis promenée dans la ville pendant trois heures. J'ai découvert le Marché de poissons qui est ouvert tous les jours très tôt le matin jusqu'à 13h. C'est impressionnant de voir tous ces poissonniers qui s'affairent à vendre leurs produits. Puis, je me suis retrouvée dans un énorme mercado où tu passes des fruits et légumes à des guenilles à 1 euro, montres imitation, chaussures ... enfin, le genre de Marché aux puces Saint-Eutache mais de six fois plus grande la superficie. Je n'arrivais plus à sortir de ce quadrilatère tellement c'est grand ce marché.. Ce foutu rhume me casse un peu les pieds mais j'essaie d'être intelligente dans ma façon de faire. Je prends beaucoup plus mon temps. Hier après-midi, j'avais fait une visite éclair pour me situer un peu dans la ville. Moi qui n'ai aucun sens de l'orientation, j'avais besoin de me créer quelques repaires pour pouvoir aller souper plus tard en soirée. J'ai donc pu bien manger dans une trattoria et rentrer en sécurité au 5 Balconi (en m'arrêtant acheter du gin histoire de tuer les symptômes du rhume). J'ai mangé dans une trattoria typique du sud de l'Italie (la Trattoria Giglio Rosso) et j'ai pu échanger (de peine et de misère) avec le proprio Domenico qui faisait jouer une sélection musicale plutôt déstabilisante pendant le repas (de Strauss, en passant par un chanteur italien pop cul-cul que je ne connais pas, jusqu'à du Prince ...  ?!?). Super sympathique personnage en tout cas. Rentrée à ma chambre, me suis tapé un bon verre de gin et je suis aller rejoindre Téton le Mouton dans mon lit. Histoire d'être en forme pour le petit déjeuner de Rob du lendemain. En passant, une belle et bonne journée de la femme à toutes mes amies au Québec et ailleurs. Ici, il y a ces petites fleurs jaunes qui se vendent pour l'occasion. Les italiens les offrent généralement aux femmes qui les entourent. Je ne comprends pas pourquoi aucun Italien n'ait pensé à m'en offrir!  Ça brise un peu le charme de l'Italie. lol

À demain pour la visite de l'Etna!

Marché de poissons
Plazza Duomo, Catania

Remède anti-rhume le gin Lyon Heart ...?!?
Téton le Mouton et Soso épuisés

mardi 5 mars 2013

Giorno molto freddo e vento

Téton le Mouton désemparé des cours d'Italien
Je n'ai pas grand' chose d'excitant à raconter aujourd'hui. Sinon qu'il a fait tellement froid que j'ai pratiquement passé la journée à l'appartement. J'ai essayé de sortir à 2 reprises dans l'après-midi, histoire de prendre l'air et d'aller acheter des oranges pour mon jus matinal, mais étant située au bord de l'eau, le climat de Trapani devient rapiement venteux et ça devient désagréable de marcher dans ses rues.  Téton le Mouton et moi en avons donc profité pour travailler notre italien. Je me rends compte qu'il devient impératif pour moi d'apprendre la langue. Chaque fois que j'entre dans un commerce, je paralyse lorsque vient le temps de demander quelque chose. Si je veux apprécier d'avantage mon périple en Italie, il est essentiel que j'apprenne à communiquer avec les gens. Il est clair qu'il me sera plus facile dans les grandes villes comme Rome ou Venise de pouvoir parler anglais ou français, mais ici dans le sud et même quand je me retrouverai complètement dans le nord du pays, les chances de parler anglais ou français deviennent presqu'inexistentes. À moi de ressortir ma méthode "L'Italien pour les nuls" en 3 cds!

Ce matin, Nicola est débarqué avec sa femme de ménage pour faire le ménage de l'appartement voisin inoccupé. J'imagine qu'il y aura quelqu'un qui s'installera bientôt.  Il en profité pour me faire signer le contrat de location de mon appart. J'imagine que s'il a pris 4 jours à me le faire signer, c'est qu'il voulait être certain que je serais une bonne locataire. lol Il avait été chercher des patisseries et nous avons pris le café avec Maria, sa super gentille et énergique femme de ménage (soi-dit en passant, laquelle charge tout de même 80 euros de l'heure pour frotter sa guenille sur les comptoirs! lol). C'était fort sympatique.en tout cas.

Je me suis informée des départ pour Catania en bus à partir du port de Trapani. Faut d'abord me rendre à l'aéroport de Palerme (environ 1h15 de route), puis de Palerme devant l'aéroport, il y a un autre bus à prendre en direction de Catania. Environ 4 heures de route. Sur place, j'ai déjà réservé un B&B pour 2 nuits. Nicola m'a mis en garde concernant Catania: "Sophie, Catania non è Trapani ... il faut que tu sois prudente. Il ne faut pas sortir le soir toute seule. J'aimerais stp que tu me donnes l'adresse de l'endroit où tu vas dormir. Je serai plus rassuré." lol C'était trop mignon ... je lui ai donné les coordonnées. Un vrai père ce Nicola!

En passant, j'ai vu mon premier italien roux aujourd'hui! Ça frappe ... il n'y en a pas beaucoup ici. lol

Domani, mi sto preparando per il mio viaggio a Catania il Giovedi.

A presto tutti!

Un des quais entourant Trapani
Premier jour en compagnie de Nicola
Premier jour sur les collines
Vue de Trapani à partir des collines

lundi 4 mars 2013

Un dimanche à Trapani

Trapani au bord de l'eau
Je choisi l'heure de l'apéro pour vous écrire. En compagnie de mon amie la Grappa dell' Etna ... histoire de faire monter l'appétit en moi. Dimanche à Trapani, c'est tranquille! Peu de commerces sont ouverts. C'est la journée consacrée au jour du Seigneur pour tous les catholiques pratiquants, aux activités et rencontres familiales pour tous. J'ai voulu m'informer des excursions à faire à partir du port de Trapani, mais tout était fermé. J'ai donc pris l'initiative d'une longue promenade dans les rues de Trapani, à la recherche de découvertes et de dépaysement culturels.
Rua Grande
Espace vert en plein centre-ville
Via Garibaldi (Nova Rua Nova)

J'entrepris d'abord de découvrir un parc que j'avais aperçu en voiture avec Nicola le premier jour. Un grand parc en plein coeur de Trapani, clôturé de fer forgé et rempli d'enfants qui jouent et de chiens qui jappent. lol Pas très tranquille comme parc mais je suis sûre que c'est un vrai havre de paix durant la semaine. Je vais y retourner d'ailleurs. Ensuite, en sortant du parc, je me suis mise à arpenter le quartier et me suis retrouver sur une chic rue marchande (la Rua Grande) qui m'a étrangement fait penser au chic quartier d'Aix en France. Une longue rue piétonne ou se succèdent les riches boutiques de modes, les bijouteries et les boutiques de chaussures et de sacs en cuir. J'observai un moment le nombre impressionnant de gens se promenant sur cette rue où tous les commerces sont fermés le dimanche, tous remarquablement bien habillés dans leur costumes et panneton, chaussures cirées et bottes de suède pour les dames. Sont fiers les italiens! Une autre activité familiale du dimanche j'imagine. Puis au bout de cette rue, en bifurquant un peu vers la gauche, j'ai croisé LA grande artère commerciale de Trapani (Via C.Garibaldi) communément appelée Rua Nova. Une grande artère commerciale semblable à la Grande Via à Madrid, où encore une fois on retrouve de grandes boutiques de vêtements, d'accessoires et de chaussures. Plusieurs banques s'y trouvent aussi. C'est un peu le centre des affaires de Trapani. Après une heure de marche dans cette rue achalandée de voitures, j'en ai eu assez et j'ai entrepris de retourner à l'appartement pour me confectionner un pannini et aller le manger dans le port, me chauffant au soleil, les pieds pendant au bout du quai (comme dit la chanson). C'est là que j'ai vraiment compris l'essence même du Domenica chez l'Italien du sud.  C'est la journée consacrée à la famille et aux traditions. Comme celle de passer du temps en famille, de marcher de longues heures à discuter de tout et de rien, et pour plusieurs (surtout les hommes) de pêcher. Une tradition subsistant de génération en génération, de père en fils, depuis des siècles. J'ai adoré l'image de cet homme dans la quarantaine installé non loin de moi, accompagné de son fils de 11 ou 12 ans, tous deux assis au bord du quai, lançant la ligne au large de temps à autre, discutant doucement le temps que rien ne morde (parce que pendant les 2 heures assise là, personne n'a rien pris! lol Les italiens sont très axés sur les valeurs familiales et les traditions. Les enfants que j'ai vus tout l'après-midi me semblent très bien élevés et bien calmes. Enfin .. ce n'est peut-être qu'une impression. J'expliquerais ceci par le fait qu'une grande partie de la population de Trapani est constituée de personnes âgées (d'après les gens que je croise depuis mon arrivée). Cela impose probablement un respect des valeurs familiales parmi la jeune population.

Aujourd'hui, j'ai commencé à organiser mon prochain périple. Je compte aller passer 2 jours à Catania, l'endroit où l'on trouve l'un des plus grands volcans au monde, l'Etna. Je peux m'y rendre en moins de 5 heures en bus de Trapani. J'ai déjà réservé un B&B sur Catane même à compter de jeudi. Sur place, je verrai les possibilités qui s'offrent à moi pour visiter l'emplacement et découvrir cette merveille de la nature.

Bon, c'est l'heure de préparer mon souper.  Ce soir au menu: Pollo cacciore a la Sophia!


Buon Appetito a tutti!


P'tit déjeuner de championne
J'adore ... je repars avec une comme ça!
Rond-point sur la Via Garibaldi

En plein centre de Trapani

Les bateaux amarrés au port

La pêche ... une des activités du dimanche

Bateau rentrant au port

Entrée du soir: salade mozzarella & tomates

Repas du soir: pâtes au saucisson, légumes et crème









samedi 2 mars 2013

La vita e bella a Trapani


Trapani by day
Appartamento Via S. Pietro
Devant chez-moi
Via San Pietro
Le voyage fut long et fatiguant. D'abord, j'ai manqué ma correspondance à Paris parce que notre avion est arrivé 30 minutes en retard ... bof ... pas trop grave. Je n'ai attendu qu'une heure et demi à Charles De Gaule avant de reprendre ma correspondance vers Rome en première classe ... rien de  moins! :-)) Ensuite, je prenais un autre avion vers Palerme où m'attendait Nicola, le propriétaire de mon appartement à Trapani. Petite crainte à l'aéroport de Palerme alors que j'ai cru que ma valise n'avait pas suivi depuis Paris, mais on l'a vite retrouvé et du coup on m'a rassurée. Fatiguée comme j'étais, ça ne m'en prenait pas beaucoup pour m'inquiéter. Nous avons ensuite roulé pendant un peu moins d'une heure vers Trapani. Rendus à l'appartement, après m'avoir expliqué quelques petits détails, Nicola a été cherché une pizza molto grande et m'a laissé seule en me proposant de venir me chercher le lendemain pour un court tour de ville et pour faire quelques courses. Il s'est donné bien du mal depuis mon arrivée ce cher Nicola. Il avait rempli mon garde-manger de choses essentielles (comme entre autres des pâtes sèches et deux bouteilles de vin), m'avait acheté des fruits pour remplir l'énorme panier d'osier sur la desserte. Super accueil en tout cas.  Nous avons un peu de difficulté à nous comprendre mais heureusement, il utilise le logiciel Google Voice Traduction avec son téléphone intelligent, ce qui nous permet une traduction presque parfaite lorsqu'il n'y a pas trop de bruit autours. Fait amusant: mon appartement situé en plein coeur de Trapani, à deux pas du port, est localisé sur la via San Pietro. :-) C'est exactement ce que je recherchais et très fidèle aux photos que j'ai vues dans l'annonce sur le site internet. Seul bémol, l'appartement n'est pas très chauffé. Il y a une unité de climatisation dans la chambre à coucher qui sert de chauffage à la fois, mais c'est tout ce dont je dispose pour chauffer l'appartement en entier. La température est un peu fraiche depuis mon arrivée (entre 13 et 15 degrés). Le ciel ayant versé quelques petits orages entremêlés d'éclaircis et de soleil. Selon Nicola, la température devrait se réchauffer d'ici quelques jours.Je m'inquiète peu à ce sujet. J'ai vécu aujourd'hui une journée de rêve culinaire exceptionnelle. visite et achat dans une charcuterie (proscuito, mozzarella, parmagiana hummm, olives), lunch avec Nicola dans un petit resto de pasta où l'on a dégusté des pasta de fruita del mare à se rouler par terre, et que dire du petit esspresso corte que je peux désormais me confectionner à ma guise à l'appartement. En fin d'après-midi, après que Nicola m'ait déposé à l'appartement, j'ai fait un tour rapido dans le quartier et me suis procurer une bouteille de grappa pour les appéro, ainsi que du pain pour le petit déjeuner demain. Au programme demain: découvrir le vieux Trapani et le port. Ce sera ma mission du jour, tout en apprenant l'italien. Arrivererci!

 
Entrée dans la cuisine

Comptoir évier, cuisinière et même télé


Salle-de-bain fraîchement rénovée
"Téton le Mouton" à l'heure de l'apéro

Téton le Mouton tombé dans les tomates italiennes


Téton le Mouton capote sur la pizza italienne



Le vrai sens du mot "pizza"


samedi 8 septembre 2012

MMZG: Carphanaüm-moi encore ...

Hier soir, lancement du deuxième album de Mad'MoiZèle Giraf, absolument délicieux, à L'Abreuvoir. Les MMZG sont au sommet de leur art. J'écoute depuis ce matin ce dernier opus et j'en suis ravie. Une évolution musicale sans contredit. Un album raggamuffin / funk / afrobeat (principaux genres du groupe) nous faisant voyager par des sonorités moyen-orientales (Carphanaum), latines avec la participation de Heavy Soundz (Défoule-toi) et avec celle de MR.OK (Choubouloute), même traditionnelles québécoises (Le diable au corps, La fille de notre voisin) - méchant beau clin d'oeil québécois en passant. Tout plein de références musicales me viennent à l'esprit en écoutant cet album (Manu Chao et La Mano Negra, Les Respectables, Inword, Loco Locass (Carphanaum) et même Fred Fortin (Gig Brune)).  Hormis la force de cet album se trouvant dans sa diversité musicale (ce qui n'est pas du tout évident à atteindre dans ce style), la constance dans l'écriture est également à noter. De simples textes inspirés du quotidien des membres du groupe, mais très éloquents et identifiables.  La force du groupe quant à elle se trouve d'abord dans son talent musical, dans sa créativité et sa folie sur scène. Les gars ont du fun et ça paraît. Une folie contagieuse de par ses rythmes, de par son originalité.  Personne ne reste indifférent à ces chansons.  Tout le monde a envie de bouger et de chanter. J'ai eu un peu peur du résultat de ce nouvel album lorsque j'ai appris préalablement que le groupe avait modifié sa formation originale; trois des membres originaux ayant quitté le groupe. Mais je constate avec grand bonheur que l'intégration du nouveau membre DJ Francis Moreau (Morzion) ajoute une note d'éclat et de folie au groupe, permettant à la fois à ce dernier d'évoluer dans sa direction musicale. J'ai admiré MMZG dès le premier soir où je les ai entendus. Et je ne vous résumerai pas leur feuille de route, vous invitant plutôt à visiter leur site internet (http://www.madmoizelegiraf.com/). Aujourd'hui je réalise encore d'avantage le chemin qu'ils ont parcouru depuis la formation du groupe, de par leur évolution personnelle, de par leurs expériences musicales et individuelles. Longue vie à MMZG (Ian Lettre (Iano) voix et guitare, Philippe Messier (FunkyFlip) voix et guitare, Guillaume Turcotte (Kurde D’Aquitaine) claviers, flûte traversière et tant d'autres, ainsi que Francis Moreau (Morzion) voix et platines).  Je demeure une grand fan (Sophie la Giraf - oui oui ... je me permets un pseudo également) et je reste fidèle à leur oeuvre. Admirant la force, le courage et la passion de ces magnifiques artistes.

Mon appréciation:  4 étoiles

dimanche 8 juillet 2012

Yuksek ... DJ vous avez dit?


Il faisait chaud samedi soir à la Sala Rossa (dans un sens autant littéraire que réel). Une ambiance de fête flottait dans l'air avant le début du concert. Une frénésie, une anticipation. Comme s'il était pour arriver quelque chose d'énorme, un moment unique et inoubliable. La jeune top star des DJs français de musique électronique ne laisse personne indifférent. Sa venue à Montréal était fort attendue. C'est dans cette même salle en 2005 que Yuksek s'est fait connaître de son public québécois. Ce sont les mêmes promoteurs du spectacle de samedi soir (ceux du festival de la MEG) qui nous l'ont fait découvrir. Pour notre plus grand bonheur. Pierre Alexandre Busson (alias Yuksek) a livré un spectacle à la hauteur de plusieurs espérances. Entouré de deux musiciens (Léonie Pernet à la batterie et Clément Daquin aux claviers), il nous a déversé une à une ses chansons tirées de son deuxième et récent opus (Living on the edge of time). Tout autant que son répertoire du premier album d'ailleurs (Away from the sea). Bien plus qu'un simple DJ, Yuksek est sans contredit un créateur, un musicien accompli qui s'est fait plaisir sur ce dernier album en le composant et le réalisant lui-même en entier. Un style un peu plus pop que l'album précédent qui était beaucoup plus électro, Un album beaucoup plus personnel où les voix sont vraiment présentes. Un savant mélange de danse, de techno et de musique électronique, mais le tout livré en live. Un ras de marée sur scène quelque peu contagieux. Le trio est électrisant. La batteuse Léonie est éclatante d'énergie sur scène. Mais la force de ce groupe se retrouve dans la fusion entre la musique live et le style électro. De jouer ce genre musical sur scène, sans trop utiliser de produit préfabriqué, demande un talent et un esprit inventif exceptionnel. Un peu comme DJ Champion a brillamment fait avec ses guitaristes sur scène. Point faible de la soirée: l'éclairage! Je ne sais si Yuksek traine dans ses bagages en tournée son propre éclairagiste ou s'il utilise les locaux, mais il aurait peut-être intérêt à investir d'avantage dans un système d'éclairage un peu plus recherché dans le but de créer des ambiances à la hauteur de sa musique. Le résultat est quelque peu décevant.  Mais j'ai bon espoir que cet artiste est là pour rester et pour apporter une saveur différente à la musique électro d'aujourd'hui. Bravo à Yuksek ... il a certes réussit à créer chez-moi un intérêt pour le style électro.  Ce qui n'est pas une mince affaire je vous le dis.

Mon appréciation:  3 étoiles


dimanche 22 avril 2012

Intérêt ou état d'esprit?

Ne vous est-il pas déjà arrivé d'écouter une chanson et de la trouver complètement inintéressante alors que tout le monde autour de vous semble penser le contraire? De courir acheter un album tant attendu d'un artiste ou groupe que vous aimez et de vous rendre compte de la déception que vous éprouvez en l'écoutant.  De ré-écouter cet album plusieurs mois ou années plus tard et de constater qu'après tout, ce n'est pas si mauvais que ça.  Il vous est surement arrivé aussi de découvrir le travail d'un artiste qui normalement vous est complètement indifférent. On aime la musique pour ce qu'elle nous apporte au moment où on l'écoute. On est dans un certain état d'esprit et on écoute une chanson pour contre-balancer nos émotions. Il est clair qu'une partie du plaisir vient de l'affinité que l'on a pour un style musical par rapport à un autre. Mais la ligne est mince entre l'attirance qu'on éprouve pour un style et l'émotion qu'on ressent au moment de l'écoute. Je me souviens d'avoir emmener une amie voir le spectacle de Loco Locass qu'elle ne connaissait pas et qu'elle m'ait dit pendant la soirée que je lui faisait "presqu'aimer le rock". Il est clair que si elle n'avait pas été dans un certain état d'esprit ce soir-là, jamais elle n'aurait jamais apprécié sa soirée. Dans la vie, on a des principes et croyons ne devoir jamais y déroger. L'apprentissage de soi-même nous accompagne toute notre vie. Développer ses goûts, découvrir ses passions est un long processus.  Et je crois que notre ouverture d'esprit est une clé essentielle à notre apprentissage et la découverte de soi.  À condition bien entendu d'avoir un certain intérêt. Aussi, en ce sens on ne peut se permettre de juger l'intérêt ou les goûts de quelqu'un par rapport à un art quelconque. À chacun sa perception, à chacun ses goûts, à chacun son état d'esprit. Peu importe le produit, l'important c'est l'intérêt qu'on y porte et l'ouverture d'esprit dans lequel on se trouve. De juger que le dernier album d'un artiste est de la merde n'est qu'une perception. De choisir de regarder Star Académie ou non chaque semaine et une question d'intérêt. D'écouter du métal ou du hip hop est une question de goûts. À chacun son "trip", à chacun son ouverture d'esprit. Du moment qu'on prend son pied. Et tout va!


dimanche 8 avril 2012

On the road again ...

Certains comme moi n'aiment pas conduire en voiture sur de longues distances. Il faut alors tenter de combler l'ennui et écourter le temps. Quoi de mieux que la musique pour ce faire. Surtout quand on est seule dans la voiture sans pouvoir parler à qui que ce soit. Qui a dit que le chien était le meilleur ami de l'homme? Moi je dis que c'est le lecteur mp3. Alors on branche son meilleur ami dans la radio et on sélectionne le mode random, histoire de voir jusqu'où la route nous mènera et ce, le plus rapidement possible. Parce que ceux qui n'aiment pas conduire longtemps comme  moi, n'ont généralement pas de patience sur la longueur du trajet. La première chanson est souvent la plus déterminante.  Celle qui nous donne le coup de pied où il faut pour se dire "Ok ... ça y est, on part! Whooo hoooo ... on est content de partir! Vive la route!" Chacun a sa première chanson. Je scanne à tout hasard la mienne pour m'aider à sortir de la circulation de la ville et atteindre mon premier but:  l'autoroute 20!  Je m'arrête sur Get back des Beatles.  "Jojo was a man who thought he was a loner, But he knew it couldn't last, Jojo left his home in Tucson, Arizona, For some California grass ... ". On tape du pied à côté de la clutch et on sent déjà la motivation de la route nous gagner. On croise des cons, des branleux de la route, des chauffeurs de taxi désabusés, des conducteurs qui pensent qu'ils sont complètement seuls au monde. On les dépasse et on se fait croire que ce sera mieux sur l'autoroute.  Arrivée sur le pont Jacques Cartier, Blue Highway de Billy Idol suit de près. Vive le mode de lecture intelligente de mon ami. Il a vraiment de la suite dans les idées. On a presqu'envie de faire demi-tour et de repasser sur le pont. Mais le plan de match est bien précis et le temps serré:  pas question de s'arrêter tant et aussi longtemps qu'on aura pas envie de pisser. On peut facilement se rendre jusqu'à Québec sans devoir le faire. Lentement (faute d'une dense circulation) mais surement, on s'approche de l'autoroute 20. Puis, vient ensuite Passe-moé la puck des Colocs, histoire d'accélérer le rythme de la route. Alors on roule et on roule le long de la sinueuse et ennuyante autoroute 20, dépassant encore des cons, des branleux de la route qui roulent dans la voie de gauche, d'autres conducteurs qui pensent qu'ils sont seuls sur la terre, et puis holà! En plein dépassement d'un camion lourd, on se fait couper par l'abruti en question qui doit sérieusement penser que le clignotant est une fonction du véhicule directement rattaché au volant. Alors on freine en catastrophe devant l'inévitable et à l’unisson avec Thunderstruck d'ACDC, on gueule à tue tête envers le chauffard imbécile et inconscient du mal qu'il a fait, tout en appuyant à fond sur le klaxon jusqu'à ce que ce dernier se replace dans la voie de droite 1.5 km plus loin!  On est surement petit dans notre Golf par rapport au mastodonte, mais on a un klaxon et on sait s'en servir quand il le faut! On rage encore pendant 5 minutes, puis on attend que les battements du coeur redeviennent à la normale. Heureusement que Vive l'amour de Catherine Ringer vient nous calmer un peu et remplir de légèreté ce pauvre petit coeur ébranlé. On retrouve ainsi le sourire et la bonne humeur jusqu'à l'envie de pisser ne survienne (beaucoup trop tôt selon l'horaire qu'on s'était fixé tout de même!).  Bon ben, va falloir s'arrêter! Même si l'heure du lunch est loin d'être arrivée. On s'arrête dans une aire de repos parce que la prochaine sortie est seulement dans 3 km et il n'est pas dit qu'il n'arrivera pas un accident à l'intérieur du véhicule si on attend plus longtemps.  On haït ben ça les rest areas!  Y'a toujours un line-up interminable devant les toilettes des dames alors que celles des hommes sont toujours complètement vides. Puis dans le line-up, y'a toujours des petites madames qui chialent qu'il y a ben du trafic, pis que c'est toujours comme ça à chaque année à Pâques, pis qui se demandent s'il reste assez de sandwichs pour tout le monde dans l'char, qu'on pourrait peut-être s'arrêter  au p'tit restaurant, "tsé lààà ... celui à la sortie de Lévy où on va tout l'temps!". Rien pour calmer son impatience silencieuse. Puis une fois à l'intérieur des toilettes, ben ça pue maudit bordel! Pis c'est petit comme ça n'a pas de bon sens alors que les femmes persistent à s'entasser à l'intérieur pour ne pas perdre leur place! Comme si les cabines des toilettes allaient se volatiliser. Bon ... ça achève, plus qu'une devant moi et j'vais pouvoir repartir! Soulagée, je reprend le volant de ma Golf en compagnie de Noir Désir et Le vent nous portera.  Le bonheur revient tout doucement. Je n'ai pas peur de la route, Faudrait voir, faut qu'on y goute, Des méandres au creux des reins, Et tout ira bien ... Le vent l'emportera. La route est de moins en moins longue, le paysage de moins en moins morne. Tant que la musique nous accompagne, et tout ira bien.  Et la première chose qu'on sait, c'est qu'on est arrivé. Comme quoi la patience est une vertu et la musique change tout.

dimanche 1 avril 2012

Propofol: un trio électrifiant!

Ça faisait longtemps que je n'avais eu un tel coup de foudre musical. Une immense gifle musicale en plein coeur du Quai des Brumes, coin St-Denis / Mont-Royal, en ce jeudi soir dernier. Un trio infernal, d'une énergie peu commune, originairement formé par Jonathan Gagné (batterie) et Marie-Anne Arsenault (base et chant) qui ont brillamment complété le trio avec l'arrivée de la fabuleuse Anh Phung (claviers, flute et chant).  Une telle énergie sur scène m'a rappelé celle des Yeah Yeah Yeah avec la grande Karen O ou encore celle des Blond Redhead (également un trio newyorkais). La voix de Marie-Anne a une touche punk vraiment agréable, le jeux de Jonathan est absolument époustouflant et d'une précision désarçonnante. Quant au génie d'Anh Phung, il est un élément indispensable pour donner le ton juste électro-punk-pop de ce groupe. La beauté des filles s'éclatant sur scène ajoute un élément euphorique au spectacle.  Elles ne sont pas trop extraverties mais d'une sincérité et d'une  justesse absolue. Le trio s'éclate sur scène et nous le communique trop bien. Aurais-je oublié de mentionner qu'ils chantent en français?  Qui a dit qu'il fallait une guitare électrique pour apporter une touche rock'n'roll dans une chanson? Qui a dit que l'électro ne pouvait se marier si allègrement au style punk-pop? Selon Wikipedia, Propofol désigne un anesthésique général intraveineux de courte durée d'action. Non mais vraiment ... un pur délice ce groupe.  Longue vie à Propofol et que son effet se prolonge d'avantage. Qu'il se propage encore et encore!

 

 Appréciation:  4 étoiles

mercredi 14 mars 2012

French toast et peines perdues


À premier abord, peu de gens connaissent Vander. Mais il suffit de dire "ben oui tu le connais, c'est l'ancien bassiste des Colocs, tsé là le Belge?" Ahhhhh ben ouiii! Évidemment qu'on connait Vander. On ne sait pas trop ce qu'il a accompli au cours des années. Mais on est toujours content de le retrouver. Le spectre de Dédé Fortin et des Colocs a tellement été puissant au sein de la société québécoise, qu'on s'est trop peu attardé à ce que sont devenus les membres de ce groupe. Et c'est bien dommage parce que l'artiste a bien roulé sa bosse au fil du temps parmi divers collectifs et à travers ses projets personnels. Et n'en demeure pas moins qu'André Vander tout autant que tous les autres anciens membres des Colocs sont d'abord et avant tout de grands artistes à la base.  Et je suis ravie qu'on puisse le constater et le reconnaître.

Vander présentait le 14 mars dernier au Lion d'Or son nouvel opus intitulé French toast et peines perdues. Un album riche en sonorités jazz et blues, d'une qualité musicale impeccable et surtout doté d'une composition de textes remarquable. Vander est bien plus qu'un bon musicien et arrangeur, c'est aussi un très grand auteur. Un créateur d'ambiance et d'univers. Notre Tom Waits francophone bien de chez-nous, jusqu'au bout de la langue, jusqu'au bout des doigts. Un artiste doté d'une sensibilité exceptionnelle et qui nous la livre sans pudeur, en toute légèreté, mot après mot, note sur note.

Un album composé de 11 pièces dont une superbe reprise de Marie-Jeanne, cette chanson composée au départ par l'américain Bobby Gentry qui a ensuite été adaptée en français et interprétée par Joe Dassin dans les années 70'. Des chansons comme La maladresse, On s'engage, Petit village ou Reste avec moi nous transportent dans divers univers, nous font découvrir le personnage derrière l'artiste. Vander le raconteur, Vander le créateur d'ambiances, Vander l'authentique qui s'exprime sans tambour ni trompette dans une vérité sincère, avec de jolis mots. Je m'en voudrais énormément de ne pas mentionner les excellents musiciens qui ont apporté leur contribution sur cet album: Franklin "Funk Lion" Brisebois (guitare électrique), Guillaume Turcotte (claviers/piano), Dan "Fiyah" Beat (guitare acoustique), et Amélie Laflamme (choeurs, accordéon, piano). Vander a vraiment su s'entourer des bonnes personnes pour faire ressortir la puissance de son univers musical.

Avec cet album, j'ai découvert un superbe auteur, un grand artiste québécois. À vous de maintenant de le découvrir et répandre le bonheur autours de vous.


Appréciation:  4 1/2 étoiles